Les bébés de la Consigne automatique, le côté obscur du Japon

Les bébés de la consigne automatique, de Ryu MURAKAMI, est un roman qui fut publié, en 1980 au Japon, et qui a bouleversé la vision que j’avais du pays lorsque je l’ai lu durant mes années de lycée. Sauvage, gore par moment, on suit les aventures de deux frères abandonnés à la naissance dans les consignes automatiques d’une gare, qui survivent et affrontent le monde à leur façon.

Une plongée intéressante dans une société japonaise  plus sombre  que celle qui nous vient à l’esprit quand on songe à l’archipel nipponne.

critique les bébés de la consigne automatique de Ryu Murakami

Une facette méconnue d’un pays idéalisé

Deux nouveaux nés, Hashi et Kiku, sont abandonnés à la naissance par leur mère respective dans les casiers qui se trouvent dans les gares japonaises, et qui servent à stocker les bagages et les affaires personnelles des voyageurs pendant un temps. Voués à une mort certaine, chacun trouve la force de survivre, à sa manière : l’un en poussant des hurlements qui attirent les passants, l’autre en vomissant, ce qui diffuse une odeur qui permet de le retrouver.

Adoptés par une famille, ces deux gamins particuliers liés par un terrible traumatisme initial, vont suivre en grandissant un développement bien différent mais dans lequel la violence y est commune. C’est à Tokyo ensuite que prend place l’action, mêlant personnages secondaires loufoques et effrayant aux parcours de ces deux adolescents, pleins d’obsession et de psychoses.

Murakami nous plonge dans une ville sale, pervertie, à la violence sous-jacente. Et à travers l’histoire des deux protagonistes, on découvre un Japon très éloigné de celui que l’on imagine. Bien plus noir. On pénètre dans une société souffrant de nombreux maux  et c’est cette découverte d’un monde malade qui envoute à chaque page.

tokyo de nuit, bébés de la consigne automatique

Le monde de Ryu MURAKAMI, violence et décadence

Dérangeant est certainement l’adjectif qui qualifierait le mieux ce texte. On y trouve de la violence, du sexe, de la drogue, et une impression de malaise s’empare parfois du lecteur. Une sensation d’avoir un goût étrange en bouche, dont on a du mal à se débarrasser.

Ruy MURAKAMI est coutumier des romans dérangeants, et je pense notamment à La Guerre commence au-delà de la mer, qui m’avait fait une impression similaire. Mais les bébés de la consigne automatique reste pour moi une de ses œuvres les plus abouties, tant dans les thématiques morales abordées que dans la virtuosité du style.

Je me souviens avoir présenté ce livre en classe de seconde, au cours d’un atelier lecture ayant pour but de convaincre les autres de lire le roman. Et certaines de mes camarades s’étaient prêtées à l’exercice et m’avaient fait part du choc provoqué par une telle lecture. Peut-être était-ce dû à la jeunesse, car je ne pense pas que cette histoire soit choquante, mais il est certain qu’elle ne laisse pas indifférente.

« Tu l’aimes, toi, cette ville où règnent le bruit et l’agressivité ? » Les bébés de la consigne automatique, Ryu MURAKAMI, Éditions Philippe Picquier 1996,

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